ADEME Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie

L'ADEME en Bretagne

Production et conso durable

Commerce

Contexte régional et chiffres clés

Acteur de la consommation de masse, le magasin de la grande distribution est un lieu incontournable de l’évolution vers une société durable. L’expérimentation vise à inventer le magasin de demain où la prise en compte de l’environnement est au cœur de son activité d’entreprise.

La France est le pays au monde qui a le plus d’hypermarchés par habitant. Aujourd’hui, « mieux consommer » tend à s’imposer face au « consommer beaucoup ». La grande distribution se distingue par sa capacité d’innovation en s’adaptant aux nouvelles attentes des consommateurs. Les enjeux environnementaux sont partis prenants de ce nouveau positionnement de la grande distribution. Ce haut lieu de la consommation quotidienne concentre des problématiques de déchets, d’énergie, d’eau ou de transport.

Les Grandes et moyennes surfaces (GMS) généralistes ont poursuivi leur développement en Bretagne. En 2013, on dénombrait 788 GMS généralistes et 2 243 GMS spécialisées, offrant un plancher commercial de près de 4 500 000 m². Il faut noter que la Bretagne est mieux équipée en GMS généralistes que la moyenne nationale ; cinq groupes d’enseignes dominent le marché breton.

Action régionale

La grande distribution alimentaire innove en Bretagne

Depuis 2013, l’ADEME Bretagne accompagne les magasins de la distribution alimentaire de la région. Il s’agit d’encourager leur engagement en faveur de la protection de l’environnement, de les inciter à développer les bonnes pratiques et d’innover et ainsi d’entrainer d’autres magasins dans cette démarche vertueuse.

Ce programme est unique en France pour différentes raisons :

  • la transversalité : c’est la première fois qu’une opération porte sur les huit volets environnementaux ;
  • le partage via l’innovation : le programme encourage les pratiques innovantes des magasins engagés ;
  • l’implication des cibles : elle va permettre de toucher les salariés des magasins, mais aussi les fournisseurs et les clients ;
  • le cadre collaboratif : diverses enseignes, de tailles différentes et implantées sur plusieurs territoires, participent ensemble à cette opération ;
  • le partenariat privé/public : enseignes de la distribution alimentaire et ADEME.

Les magasins participants s’engagent à relever un défi qui consiste à mettre en œuvre des actions innovantes dans au moins une des catégories suivantes :

  • consommation responsable et collaborative ;
  • mobilité durable ;
  • biodiversité ;
  • sensibilisation salariés, clients, fournisseurs ;
  • économie circulaire ;
  • gestion des déchets et gaspillage alimentaire ;
  • gestion de l’eau ;
  • gestion de l’énergie.

Vingt magasins se sont engagés dans le défi Éco-actions. Il s’agit de grandes et moyennes surfaces (minimum de 300 m²) à dominante alimentaire, dont le site commercial est implanté en Bretagne.

Intérêts du Défi Éco-actions pour les enseignes :

  • bénéficier de retours d’expériences sur un ou plusieurs magasins pilotes de l’enseigne situés en région Bretagne ;
  • expérimenter une ou plusieurs innovations environnementales dans le cadre d’un programme proposé par l’ADEME ;
  • bénéficier d’aides pour l’accompagnement et la mise en place d’innovations environnementales sur un ou plusieurs points de vente.

Intérêts du Défi Éco-actions pour les magasins participants :

  • espace d’inspiration et de partage entre plusieurs enseignes ;
  • accompagnement individuel et collectif ;
  • accompagnement alliant expertise en environnement, management participatif et communication ;
  • accès privilégié aux aides pour l’accompagnement et la mise en œuvre d’actions innovantes ;
  • reconnaissance officielle des démarches engagées ;
  • créer une dynamique interne auprès des salariés.

À travers ce programme, des d’actions concrètes et innovantes doivent contribuer à développer la notion de « grande distribution responsable » auprès du grand public. Produire et consommer de manière responsable, améliorer la sensibilisation et la formation des acteurs sont deux des missions principales de l’ADEME Bretagne.

En 2018, six magasins ont présenté une action au Défi Éco-actions :

Téléchargez la brochure du défi Éco-actions (PDF - 4Mo)

L'énergie dans le commerce

Éco-défis des commerçants et artisans : un label pour valoriser le développement durable des entreprises artisanales

L’économie circulaire est désormais un facteur clé de performance et de compétitivité du développement économique des entreprises. Pour les y accompagner, le réseau des métiers et ses partenaires, l’ADEME et le Conseil régional de Bretagne, expérimentent en 2018-2019 le dispositif « Éco-défis des commerçants et artisans » sur 4 collectivités bretonnes :

  • Dinan agglomération (Côtes-d’Armor) ;
  • Brest métropole (Finistère) ;
  • Communauté de communes du Pays de Redon (Ille-et-Vilaine) ;
  • Communauté de communes Blavet Bellevue Océan (Morbihan).

Ce dispositif vise à valoriser, par l’obtention d’un label, les artisans qui mettent en place des actions concrètes en faveur du développement durable. Les artisans doivent se positionner sur 3 défis minimum, parmi une liste de 43, classés en 6 thématiques : déchets, produits, énergie, eau, transport et sociétal. Ils ont ensuite 4 à 6 mois pour relever les défis choisis avec l’appui d’un conseiller du réseau des métiers (Chambre régionale de métiers et de l’artisanat). À l’issue de cette période et sur présentation de justificatifs, le label « Éco-défis des commerçants et artisans leur sera délivré lors d’un évènement qui clôturera cette action.

Relever des éco-défis permet à un artisan :

  • d’augmenter ses performances économiques, environnementales et sociétales ;
  • de valoriser ses démarches en faveur du développement durable, auprès de ses clients ;
  • de bénéficier de conseils personnalisés pour améliorer ses pratiques ;
  • de développer une relation privilégiée avec sa collectivité ;
  • de profiter d’une communication gratuite.

Plus d’informations sur l’Éco-défis des commerçants et artisans

Pour aller plus loin, le réseau des métiers et de l’artisanat de Bretagne accompagne également les artisans à augmenter leurs performances environnementales et leurs compétitivités, grâce au dispositif de l’ADEME : « TPE & PME gagnantes sur tous les coûts ».

Répar'Acteurs pour les artisans de la réparation

Pour valoriser les artisans de la réparation, la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat de Bretagne a lancé en 2015 la marque « Répar’Acteurs ». Elle s’adresse à l’ensemble des réparateurs tous secteurs confondus.

Les professionnels de la réparation existent. Ils sont cordonniers, horlogers, réparateurs d’électroménagers, de cycles, de matériels informatiques ou encore couturières… Leur métier est de donner une deuxième vie à des objets cassés ou de les transformer pour les réemployer dans une nouvelle fonction ou pour un nouvel usage. Grâce à leur savoir-faire, ces artisans apportent un service de proximité, créateur d’emplois locaux. Il s’agit également d’encourager les consommateurs à faire réparer des objets qui peuvent l’être, au lieu de les jeter.

► Consultez l’annuaire des Répar’Acteurs

Consultez la page Facebook Répar'Acteurs

Les commerçants au cœur de l’économie circulaire

L’association du quartier Laënnec/Saint-Hélier/Gares à Rennes a décidé de trouver des solutions pour :

  • répondre à l’interdiction d’emballages à usage unique en proposant des contenants réutilisables consignés : sacs, cabas, boites, bocaux… des contenants multi-usages, multi-métiers ;
  • créer une chaine de solidarité associant commerçants et usagers du quartier pour offrir un débouché aux invendus alimentaires.

Le quartier Saint-Hélier de Rennes est un quartier très commerçant (110), très fréquenté, où quasiment toutes les activités de commerces de proximité y sont présentes ; ces commerces pourraient devenir les pionniers sur de nouvelles pratiques. Un diagnostic a été réalisé auprès de l’ensemble des commerçants du quartier sur leurs pratiques. Ensuite, une réunion collaborative a été organisée dans le quartier pour les commerçants et impliquant les habitants afin de partager les résultats du diagnostic et proposer des actions à expérimenter. 8 actions ont été retenues :

  • éviter les emballages à usage unique :
    • la diffusion de sacs réutilisables (déjà en cours),
    • la mise en place d’un kit Zéro déchet, composé de contenants réutilisables,
    • la mise en place de la consigne,
    • une carte fidélité zéro déchet pour les clients venants avec leur contenant ;
  • utiliser les invendus alimentaires.

Le diagnostic a mis en évidence qu’il y avait très peu d’invendus, concentrés principalement les veilles de vacances scolaires. La quasi-majorité des commerçants alimentaires sont fermés le dimanche. Une collecte pourrait être envisagée le samedi soir. Dans ce contexte, les invendus pourraient plutôt être valorisés à l’occasion d’évènement dans le quartier et dans un but pédagogique autour du gaspillage alimentaire.

Consultez la page Facebook du quartier de Saint-Hélier

La grande distribution s’engage dans la réduction d’énergie

Plusieurs magasins bretons de l’enseigne Super U se sont engagés dans la réduction de leur consommation d’énergie. Première étape subventionnée par l’ADEME, est la réalisation d’un diagnostic du bâtiment et des installations, puis la préconisation d’actions à mettre en place. Dans le palmarès des actions le plus souvent proposées, il faut retenir :

  • le remplacement de l’éclairage actuel par de l’éclairage LED (temps de retour : 5-6 ans) ;
  • la mise en place de couvercle sur de meuble froid (temps de retour : 2-3 ans) ;
  • la récupération de la chaleur (temps de retour : 5-6 ans).

Dans la majorité, ces actions peuvent être financées par des Certificats d’économie d’énergie (CEE).

L’ensemble des diagnostics met en évidence une économie d’énergie possible entre 500 000 et 900 000 kWh/an selon les magasins.

Commerçant éclairé : devenez énergétiquement responsable

À l’échelle nationale, la consommation annuelle d’énergie liée à l’éclairage est de 56 TWh. L’éclairage des commerces, cafés, hôtels, restaurants en représente 20 % soit 11 TWh. Dans certains commerces, l’éclairage représente un des premiers postes de consommation électrique, pouvant aller jusqu’à 80 % de la facture dans les commerces d’habillement, librairie, décoration. Au vu de ces constats, les agences locales de l’énergie et du climat bretonnes ont réalisé des diagnostics dans 148 commerces de la région. Les solutions proposées ont permis de réduire la facture annuelle d’énergie de 10 à 13 %, avec un temps de retour pour 1/3 des commerces, inférieur à 4 ans.

Les commerçants participants ont bénéficié gratuitement d’un pré-diagnostic « éclairage » (basé sur vos factures, vos équipements…) avec des propositions techniques et estimation du coût d’investissement ainsi que des propositions d’optimisation tarifaire (ajustement de contrat d’électricité). Des fiches de bonnes pratiques sont disponibles sur simple demande à l’ADEME.